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Au commencement, il y avait le Rien. Polytech était vide, sans sens ni but, sans direction ni matière. Le monde n’était pas encore créé, on ne distinguait que la coquille vide qui allait l’accueillir. Du Chaos naquit deux Êtres Suprêmes, Thomas et Davis. Pendant longtemps, le Thomas Suprême fut l'Essence Supérieur. Mais le Davis, imparfait, rongé par la jalousie, détrôna son Maître et pris le pouvoir. Et le Davis Suprême déclara (entre deux bières) : “Ch'ti qui crache in l'air, cha r'qué su sin bec" Le Davis Suprême pris de la terre, la modela, et lui insufla la Vie. Et le Davis Suprême créa Adri à son image. Il vit que c’était bon. Mais Adri s’ennuyait, seul dans ce monde vide. Dans toute sa bonté, il prit une culotte et lui insulfa la Vie. Et le Davis Suprême créa Clem à son image. Ca, par contre, il s‘en mordit les doigts pendant un bout de temps ! Clem et Adri se baladèrent dans le jardin d'Eden librement, innocents. Un jour, le Davis apparut en songe à Clem, et lui dit : "Tout ceci est à vous. Vous pouvez boire et manger à votre guise. Vous pouvez profiter de tous les coins de cet établissement merveilleux, car vous en avez les Clefs. Mais vous ne rentrerez point dans cette pièce" Car le Mal y règnait, et le Créateur ne voulait pas que sa création fût corrompue. La porte interdite était nimbée d'une lueur rouge, percant le noir absolu des alentours, et une fragrance délétère repoussait toute Vie hors de portée.

Clem se réveilla, et, fautive et pêcheresse par nature, pris Adri par la main, et lui fit ouvrir la porte sans le prévenir du Divin avertissement. Quand celui-ci enclencha le verrou, les cieux se déchirèrent dans un fracas de fin du monde, la tempête gronda et le sol se craquela. Des Enfers, les morts se réveillèrent et peuplèrent Polytech, les professeurs furent libérés de leurs prisons démoniaques dans lesquelles ils avaient été bannis par le Thomas des éons auparavant... Et Davis les attendait de l'autre coté, une bière à la main, saoul comme cochon. "B'invenu au Club, les jeunes !"

L'Histoire est faite de Rois, de Héros et de Grandes Guerres. Elle est faite d'hommes vaillants qui, un jour, se levèrent contre l'oppression infâme de régimes autocratiques, gouvernés par des Nero et des Caligulae modernes. Il est des Noms qui resteront inscrits à jamais dans la Légende : Caesar, Charlemagne, Pastor…
Les Ecritures selon Saint Bière annonçaient dans un futur lointain la création d'une Compagnie Divine qui se mettrait en quête de l'artéfact ultime, le JVCGY100E (prononcé Jivéçégé-ygrèque-çan-eu), reliques des temps les plus reculés, et qui permettait, dit-on, de capturer la réalité et de l'enfermer indéfiniment dans une boite. C'est en l'an de Grâce MMIX de ce temps que se dressèrent, fières et hauts, les Serviteurs Troublions de l'Union Ducals des Ingénieurs Occidentaux, ordre respecté de tous, en proclamant qu’il était temps de se lancer dans la Sainte Quête. A la tête de la compagnie, le chevalier de Pastor, qu’on disait sage et bon, Apollon parmi les mortels tant sa beauté rayonnait, savant en toute chose, de tel sorte qu’on lui prétendait le don d’omniscience ; assisté de son fidèle bras droit, Geoffroy de Fouquet, gentilhomme et fin bretteur et de Dame Marianne, Grande Duchesse de Gossip.
Le groupe, emmené par son charismatique leader, brava de nombreux obstacles qui s’interposaient entre eux et la Sainte Relique : suppo de la Guilde des Professeurs, guerriers de l’empire Bédé Heux, envahisseurs Erasmus. A force de raquettes et de pillages, d’escarmouches à proximité de Montbéliard, d’assauts forcenés contre les banques du Bédé Heux, le STUDIO accumula richesses et fortunes, et se montra bientôt le garant de la majorité des trésors de Polytech, gardant jalousement en son sein une colossale collection d’objets de valeur et d’armes anciennes.
Le chevalier de Pastor convoqua alors le ban, et commença alors la Première Croisade Pastorienne. Les troupes fraichement recrutées furent envoyées au front, et toute la Divine Compagnie se mit en route pour le Sud, vers la grande Toulouse, où la relique les attendaient. Après un an et demi de voyage, les Serviteurs avaient acquis gloire et richesses, maintes victoires militaires et diplomatiques, une renommée traversant Monts et Mers, mais surtout, l’Artefact Ultime, qui assurait un avenir prospère et lumineux pour le STUDIO.
Le Chevalier de Pastor, sentant sa fin arrivée, adouba son jeune lad, non pas parce qu’il avait pitié de lui comme on le pensa, mais parce qu’il reconnu en lui l’âme d’un leader. Et bien qu’il fût Lorrain, l’Histoire retenut de Pierre le Biflé qu’il fût un bon successeur.

La légende pastorienne fut une époque furieuse et chaotique. Si de ce chaos, l’Artefact Ultime fut tiré de l’antre pyrénéen, ce n’est qu’au prix de multiples batailles et de trop nombreuses pertes. Au début de la quête, la communauté de l’ANO (Artefact Numérique Odieux-visuel) fut créée et commença sa longue quête en réalisant JTs et vidéos avec les moyens dérisoires de cette époque troublée…
Le temps et la rudesse des combats firent fondre l’effectif de cette fière communauté si bien qu’à l’aube de la victoire finale, les survivants des Champs du Pelennor hésitèrent à crier victoire. Il est vrai que la compagnie dût pleurer le départ de nombre de belles créatures qui peuplèrent alors les vertes prairies de Polytech. Ainsi quand le digne et valeureux Pierre prit les commandes, il dut s’appuyer sur une troupe resserrée mais que les épreuves et Dame Bibine avaient soudée : Justin le Maître des Effets, Sam Gamegie le Grand porteur des Ecriteaux Non Ecrits et Damoiselle Marinette Maîtresse des Bourses ! Mais que dire de leur glorieux Capitaine ? Dresser là un portrait de Pierre (le Grand Blond, disait-on) n’est point chose aisée tant les éloges dithyrambiques dont il fut l’objet semblèrent trop nombreuses pour être crédibles. Nous retiendrons donc seulement que sa hardiesse et son génie n’avaient d’égales que sa proverbiale modestie.
Après cette période tourmentée, cette fine équipe eut la tâche de consolider l’empire bâti si laborieusement par le Chevalier Pastor ! Combien d’empires survécurent à leurs illustres créateurs par la faute d’une organisation basée sur la figure du Chef ! Le Studio n’allait donc pas suivre l’exemple d’Alexandre le Grand, Charlemagne ou Napoléon… L’équipe jeta donc les bases d’une administration autocratique qui produit les plus grands bienfaits pour les masses studieuses de Polytech…
Tel Léonidas aux Thermopyles, la compagnie dut faire à la Guilde des Professeurs toujours en embuscade et à l’empire Bédé Heux aux visées impérialistes. Mais suivant le bon mot de Foch : « Mon aile droite est enfoncée. Mon aile gauche recule. Mon centre plie : situation excellente, j'attaque », le Studio attaqua. Par une ambitieuse opération photographique, les caisses furent à nouveau garnies (opération au cours de laquelle un petit grassouillet nommé Edouard s’illustra). De hauts faits d’armes et d’habiles mouvements diplomatiques assurèrent au STUDIO son indépendance qui produisit alors de nombreuses œuvres cinématographiques de premier plan. Ainsi la compagnie put mettre la main sur une arme d’une puissance encore inégalée : une grosse boite noire accompagnée de deux tableaux lumineux. Cette arme fut le parfait complément de l’Artefact Ultime.
Au bout d’une année de commandement prospère et avisée (période que l’on nomme dorénavant PAX PETRUSIENNE AUBRIONAM), le valeureux Capitaine Pierre prit pour successeur un jeune grassouillet cité plus haut, Edouard aux mains d’argent. (Ce surnom lui fut donné car, parait-il, ce jeune homme en surcharge graisseuse avait quelques talents pour dénicher la Chope en soirée.) On eut tantôt entendu que le jeune parvenu n’aurait jamais le talent du valeureux Pierre. Mais là réside le propre des Grands Hommes, savoir reconnaître leurs égaux. Et ainsi Pierre adouba à son tour le jeune Edouard, tout grassouillet qu’il peut être, la conscience tranquille, sachant qu’il avait là un digne successeur. Cette période faste se prolongea même jusqu’à Montbéliard où les deux Capitaines ferraillèrent ensemble au nom béni du STUDIO.